"La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire.”
Victor Hugo

En éveil de JC Togrège

" Garder son âme en éveil attentivement, et se sentir vivant pleinement...". C'est un premier recueil composé de textes courts et de poèmes. Les thèmes d'inspiration sont très divers : l'environnement, la musique, l'enfance, la lecture, le temps qui passe, etc. Les textes sélectionnés, écrits entre 2008 et 2018, sont le reflet de différents états d'esprit : parfois mélancoliques, tristes, parfois teintés d'humour et d'ironie, voire utopiques.

Mon avis :  La lecture de ce recueil inattendu fut une belle et grande surprise. C'est toujours intéressant de découvrir de nouveaux auteurs. C'est encore plus réjouissant lorsque les personnes qui se lancent font partie de notre cercle, qui en son centre, regroupe l'amour des mots et des petits bonheurs. Cet ouvrage est très agréable à lire, accessible à tous, il offre une belle prose et une grande réflexion sur la vie, sur ses joies et ses doutes. C'est intelligent, mélancolique, drôle parfois. Il y a quelque chose de courageux, l'auteur pose des mots sur des maux, il se dévoile en écho à ce que chacun de nous peut ressentir. Nous pouvons qu'encourager Monsieur Togrège à continuer à écrire et à partager son travail !

Avant toi de Jojo Moyes

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis. 

Mon avis : Dans ce roman actuellement en vogue,  on se retrouve plongé dans une histoire très attachante et émouvante, difficile de fermer les dernières pages sans verser quelques larmes... Les personnages sont touchants, remplis de beaucoup de tendresse et d'humanité. Il y a beaucoup de joies, d'amour, de prises de bec, de remises en question, de larmes, de peurs et toutes ces choses qui font que la vie est ainsi. C'est une belle leçon. On s'accroche à la persévérance de Lou, on s'interroge sur les émotions de Will. Il y a un suspens prenant et lourd dans cette intrigue qui traite du handicap et de la question du droit à la fin de vie.

La Mélopée du Mojo de Vincent Laurent

Et si vous aviez le pouvoir de réaliser tous vos rêves ? lago, modeste employé de développement informatique, n'a d'autre ambition que dévorer des livres ou des films, et plaire à la blonde du service marketing. En pleine remise en question, il sauve un homme de la noyade qui lui offre un talisman magique. Succès, argent, sexe, tous les rêves et les interdits deviennent alors possibles. Mais une vie pleine d'espoir n'est-elle pas préférable à cette poudre aux yeux ? Et à trop vouloir jouer les Dieux, ne finit on pas par se perdre et à en payer le prix fort ?

Mon avis :  C'est toujours intéressant de découvrir un livre qui nous fait sortir de notre zone de lecture de confort. Entre science-fiction et réalité, je me suis laissée prendre au jeu par l'imagination débordante de l'auteur. Ce roman noir est drôle alors que l'histoire repose sur un fond tragique, mais ce personnage simplet et pas toujours doué dans ce qu'il entreprend nous donne souvent le sourire. Ce livre m'a plu du début à la fin, il y a de nombreux rebondissements faits pour nous tenir en haleine, l'intrigue est bien menée et réellement ensorcelante ! Dans un scénario complètement différent et atypique, on retrouve le style de l'auteur, son style déjà bien marqué dans ses précédents romans. J'ai maintenant bien hâte de découvrir le prochain !

BD : Charogne de Borris & Benoit Vidal

Sa mort va leur faire vivre un enfer quelque part dans un petit village de montagne en Provence. Le maire Joseph, homme bienfaiteur et aimé de tous, vient de mourir. Comme il est du devoir du peuple de lui donner un dernier adieu digne de ce nom, quatre hommes sont missionnés pour transporter le cercueil auprès du curé afin qu'il donne sa bénédiction. Mais ce ne sera pas une partie de plaisir. La route pour l'église est difficile, elle passe par des chemins de montagne escarpés, ce qui attise les rivalités au sein du groupe. En plus du poids mort, le cortège funèbre semble aussi traîner son lot de lourds secrets. Et lorsque les éléments s'en mêlent, la tension déjà palpable devient électrique. Le dernier voyage de Joseph pourrait aussi bien être le leur...

Mon avis :  Il y a dans ces pages, un dessin sombre et extrêmement précis mêlé à une écriture rude. Ce polar rural nous fait évoluer dans un suspens très noir et prenant par son originalité. Entre morts et vivants, cette BD met à nu les relations humaines, les non-dits et les trahisons.

Il ne faut jamais faire le mal à demi de Lionel Fintoni

Dans les quartiers Nord de Paris, des enfants roms ­disparaissent. Un ex-médecin légiste égaré dans l’humanitaire quémande de l’aide auprès d’un ancien collègue, capitaine de la PJ. Celui-ci accepte, à contrecœur, de ­s’engager dans une affaire aux ramifications inattendues.

Mon avis : Prix Interpol'art 2018, ce polar est captivant même s'il n'y a pas réellement de suspens. Nous sommes dans un roman noir où le lecteur avance, lui aussi, dans l’enquête pour y démêler les éléments importants de l'intrigue. L'atmosphère est pesante, avec des sujets lourds et graves, on avance dans des milieux très différents, très noirs et animés de beaucoup de violence. La multiplicité des personnages rend la lecture compliquée mais l'histoire est suffisamment bien ficelée et millimétrée pour réussir à comprendre le rôle de chacun et à définir les liens.

Oblivictus de Sylvine Ploix-Hugé

2038, la paix semble enfin installée après une terrible vague d'attaques au coeur de la population. Les progrès de la science ont permis de belles avancées dans le traitement de la souffrance et des troubles de la mémoire. Mila a tout programmé : de ses vacances d'été à son année de prépa, jusqu'à son futur métier. Elle travaillera avec ses parents, d'éminents chercheurs, dans le plus grand laboratoire de l'état.
Sauf qu'on ne peut pas tout anticiper... Le jour où une explosion ravage l'Institut, Mila perd ce qu'elle a de plus cher : ses parents ont disparu, sa mémoire est défaillante, sa maison est détruite. Blessée, les souvenirs de sa vie passée lui échappent... Elle se sent comme une coquille vide. Elle devient le patient n°34. Accompagnée de son frère Noa, un hacker de génie, la jeune femme devra démêler le vrai du faux, tenter de retrouver son chemin.
Jusqu'à quel point pourra-t-elle se fier à son entourage, à ses souvenirs, à ce qu'elle est réellement ? Et qui est cet énigmatique Rafael qui se retrouve sans cesse sur sa route ? La vérité est-elle toujours celle que l'on croit ? Mila réussira-t-elle à assembler toutes les pièces du puzzle ?

Mon avis : En ouvrant ce roman, je me suis tournée vers un genre que je ne connais pas et qui m'impressionne un peu : la science-fiction. Et pourtant les 298 pages de ce livre m'ont captivée jusqu'à la fin. Entre aventure, amour, amitié et science, mon attention s'est maintenue jusqu'au bout face à un suspens franchement bien mené et maîtrisé. Les personnages sont attachants et certainement inoubliables, l'écriture est fluide, dynamique et l'ensemble reste cohérent, les chapitres s'enchaînent sans avoir le temps de s'ennuyer. L'intrigue est prenante et intéressante, ce roman d'anticipation nous mène à des questions fondamentales quant à la bioéthique et à la maîtrise de notre "Nous". Un grand merci à Sylvine pour ce bon moment de lecture !!

Nouvelles Ardennaises Thanatotratrices de Thierry Dufrenne

Légendes contemporaines. Un arbre vengeur, les dernières minutes de vie d'un as de l'aviation, une dédicace catastrophique, un crime inavoué, le pacte méphistophélique d'une aïeule, des mains guérisseuses, un crâne qui bouge et une fillette terrorisée... La vallée de la Meuse ou de la Semoy, Juniville, le Sedanais et l'Argonne sont les décors où l'auteur a boulonné ces étranges récits, comme des légendes contemporaines. Découvrez un recueil de récits étranges et plongez dans de nombreux décors différents.

Mon avis :  Ce recueil de nouvelles est aussi surprenant que son titre le paraît. Avec ce néologisme à l'ossature morbide, on se demande où la lecture de ce livre va nous mener. L'écriture est intéressante, aux allures énigmatiques et sous couvert d'humour noir, les chutes tombent sans avoir réussi à les deviner. Ces courtes histoires sont pleines de sens quand on arrive à la fin et qu'on nous les explique. Les Junivillois seront, quant à eux, contents de passer un moment dans leur village et d'y retrouver un personnage local appelé Marc.

La vraie vie d'Adeline Dieudonné

C'est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu'au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l'autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l'existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l'espoir fou que tout s'arrange un jour.

Mon avis : Ce premier roman est une vraie réussite. L'écriture est belle, nous sommes dans la littérature mais il est largement accessible et simple à lire. C'est un roman choc, un roman coup de poing où règne beaucoup de noirceur et de violence. On progresse dans la lecture en ressentant une colère monter face à des évènements et des comportements de plus en plus perfides. Les choses sont assez déroutantes et dérangeantes pour le lecteur mais on retrouve notre équilibre avec la force de caractère incroyable de l’héroïne qui vit d'optimisme, de rêves, d'espoir, de lucidité et qui avance avec une grande maturité. "C'était fini. Je n'étais pas une proie. Ni un prédateur. J'étais moi et j'étais indestructible". Un petit bijou que je conseille vivement !

Seuls les enfants savent aimer de Cali

Seuls les enfants savent aimer. Seuls les enfants aperçoivent l'amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer. Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l'amour s'en va. Seuls les enfants meurent d'amour. Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle. A chaque seconde le cœur d'un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman. Jusqu'à quand vas-tu mourir ?

Extrait : "Quelque chose avance, qui dévore petit à petit tout l'espace qui me sépare de toi. Ton absence gagne du terrain, encore. Je ne peux m'y résoudre. Rien que d'y songer, j'ai la bouche emplie de dégoût. Le ciel, ensuite la nuit, puis un ciel qui revient me narguer, et déjà il m'annonce une nuit qui pèse cent vies. Ces jours se succèdent, se ressemblent, et tu n'es pas là. Je ne supporte pas leur défilé idiot. Je suis né ; ça n'a d'intérêt que pour suivre chacun de tes pas. C'est le bon sens, le sens de la vie. A quoi bon si je ne peux pas te parler de mes joies et de mes souffrances ? Pourquoi les affronter sans toi ?"

Mon avis :  Ce roman autobiographique, fort bien écrit et poétique, décrit la souffrance d'un petit garçon de 6 ans qui subit un deuil très difficile à accepter et qui doit apprendre à vivre sans sa maman. Derrière les mots, on comprend la douleur de cet enfant obligé de grandir trop vite malgré sa naïveté de petit garçon. Il y a beaucoup d'amour et d'amitié dans ce livre avec parfois une frontière floue entre les deux qui accentue son mal-être et le fait qu'il se sente perdu. A l'image de ses chansons, ce roman montre qu'il y a un vrai parallèle entre la musique et la littérature, capables toutes deux de décrire les sentiments les plus profonds

Marie d'en haut d'Agnès Ledig

A trente ans, Marie a un caractère bien trempé et de la ressource. Lorsque Olivier, lieutenant de gendarmerie, débarque chez elle sans prévenir pour une enquête de routine, elle n'hésite pas à le ligoter pour lui faire comprendre explicitement qu'il n'est pas le bienvenu. Mais cette carapace de femme forte dissimule ses fêlures. C'est grâce à Antoine, son meilleur ami, et Suzie, sa fille, que Marie trouve un sens à sa vie. Et contre toute attente, Olivier va rejoindre le trio. Entre lui et Antoine, la guerre est déclarée. L'enjeu ? Le cœur de Marie.

Mon avis : C'est une belle histoire où l'on retrouve des échos de "L'amour est dans le pré" à la différence que le hasard se mêle ici des sentiments. C'est un roman qui fait du bien même s'il reste en grande partie très fleur bleue et colle à des clichés et des lieux communs auxquels je n'adhère pas franchement "Les enfants c'est la vie". Ce roman se lit facilement, on suit les aventures des personnages avec une vraie légèreté, on partage leurs doutes, leurs peurs et leurs interrogations et tout finit bien avec beaucoup d'allusions à la vraie vie ! Le dernier chapitre, 30 ans plus tard, représente une fracture dans le roman et dans le bonheur des pages précédentes. La chute est brutale et poignante pour nous rappeler de profiter de la vie...

L'homme à l'oreille croquée de Jean-Bernard Pouy

Les accidents de train, les catastrophes ferroviaires, on lit toujours ça dans les journaux et ça n'arrive qu'aux autres. Mais quand on se retrouve aplati contre une jeune femme, sous quarante tonnes de tôle, pendant cinq heures, le mieux est encore de faire connaissance. 

Mon avis :  Le titre m'a d'abord intriguée avant de discuter avec l'auteur sur un salon, parce que oui, une oreille croquée ça laisse perplexe ! Mais, Messieurs ne craignez pas pour vos oreilles, il aura fallu un accident ferroviaire et quelques heures pour arriver à ce drame...
Dans un style que je connais peu, roman et humour noirs, ce livre m'a plu. C'est drôle malgré tout, c'est féroce et sur un air de road movie on se prend au jeu pour suivre le périple de ce jeune Marcel, adolescent qui joue à l'homme mais avec toute sa naïveté d'enfant. "Je m'approchais d'un village où il y avait peut-être mon oreille, j'ai pensé bêtement. Tout ça pour une oreille... Quand on est con, on est con."

Vous plaisantez, monsieur Tanner de Jean-Paul Dubois

" Eh bien moi, vous me verrez tous les jours de la semaine. - Vous plaisantez, monsieur Tanner. En tout cas, il faut qu'on se mette d'accord : qui est-ce qui va commander ? " Paul Tanner, documentariste animalier, menait une existence paisible avant d'hériter de la maison familiale. Décidé à la restaurer de fond en comble, il entreprend des travaux. Tandis qu'il s'échine sur les sols, les corps de métier défilent. Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous... tous semblent s'être donné le mot pour lui rendre la vie impossible. Récit véridique d'un chantier, chronique d'un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains, Vous plaisantez, monsieur Tanner se lit comme une comédie. Une comédie menée par un narrateur qui ressemble fort à son auteur. 

Extrait : "On ne possède jamais une maison. On l'occupe. Au mieux, on l'habite. En de très rares occasions, on parvient à se faire adopter par elle. Cela demande beaucoup de temps, d'attention et de patience. Une forme d'amour muet. Il faut apprendre, comprendre comment marchent les choses, connaître les forces de l'édifice, ses points faibles, réparer ce qui doit l'être  sans trop bouleverser l'écosystème que le temps a mis en place. Et jour après jour, année après année, la confiance, lentement, s'établit, une sorte de couple indicible et invisible se forme".

Mon avis : Ce roman est franchement drôle et original, les scènes se suivent pour nous faire rire à chaque nouveau chapitre. J'aime beaucoup le style de l'auteur : bref et piquant, il met beaucoup d'humour dans une situation désespérante pour lui. Il ne met pas franchement les entrepreneurs en valeur, il y a derrière tout ça un gros manque de chance pour lui.
Ce livre est d'une façon générale à conseiller aux hommes : on parle de matériaux, d'outils et de techniques, c'est un roman écrit pour les gros bras !

La délicatesse du homard de Laure Manel

François, qui s'occupe d'un centre équestre en Bretagne, découvre un jour une jeune femme inconsciente au pied d'un rocher. Prêt à appeler les secours, il se ravise et, sans trop savoir pourquoi, la ramène chez lui pour la soigner. A son réveil, l'inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à s'expliquer. Elle déclare s'appeler Elsa mais refuse qu'on lui pose des questions. Commence alors une étrange cohabitation, où l'un et l'autre se mettent peu à peu à nu sans pour autant totalement révéler les secrets qui les rongent.
Et même si ce duo en s'apprivoisant s'apaise, chacun souhaite continuer à se protéger, quoi qu'il en coûte. Qui est Elsa ? Que cache-t-elle ? Quelle vie est-elle en train de fuir ? Un roman à deux voix. Deux voix qui se racontent, et se taisent. Deux voix qui laissent place aux pas des chevaux, au vent qui plie les herbes sur la dune, au ressac sur le rivage et aux souvenirs échoués sur le sable.

Mon avis : Dans la veine des romans tendances d'Agnès Martin Lugand, Aurélie Valognes ou encore Agnès Ledig, c'est un roman qui fait du bien par tous les messages qu'il dégage. C'est une histoire d'amour, prévisible certes, mais l'intérêt de ce roman est l'intériorité des personnages qui fait échos à la vie, à ses blessures et à la difficile reconstruction de soi quand on pense avoir connu le meilleur et le pire.

Dix-sept ans de Colombe Schneck

« On m'a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C'est faux. Je suis une fille, pas un garçon. J'ai 17 ans, mon corps me trahit, je vais avorter. J'y pense toujours, je n'en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager  avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence ? »

Mon avis : Ce livre, très court est bien écrit, poignant et percutant. Il traite d'un sujet troublant et toujours tabou qu'est celui de l'avortement. Pour appuyer sa souffrance et son isolement, l'auteur fait de nombreuses références à Annie Ernaux et Simone Veil, figure emblématique de la lutte qui a permis au femme de disposer de leur corps.

Elle & lui de Marc Levy

Elle est actrice. Lui, écrivain. Elle s'appelle Mia. Lui, Paul. Elle est anglaise. Lui, américain. Elle se cache à Montmartre. Lui vit dans le Marais. Elle a beaucoup de succès. Lui, pas vraiment. Elle est même une star. Mais lui ne le sait pas. Elle se sent seule. Lui aussi. Il la fait rire. Elle enchaîne les maladresses. Elle ne doit pas tomber amoureuse. Lui non plus.

Mon avis :  C'est un roman fort divertissant, fluide et prenant. L'intrigue est captivante d'autant plus qu'elle se passe dans le monde du livre puis finalement assez inattendue. L'histoire est agréable à lire et réaliste contrairement à d'autres titres où l'auteur flirte avec le surnaturel. Les personnages sont drôles et attachants, j'aime beaucoup la maladresse de Paul, sa pudeur et sa naïveté. Marc Levy n'a ni besoin de moi, ni besoin de ma critique pour être connu mais c'est une belle histoire d'amour alors "Oui ça compte !".

Sa vie dans les yeux d'une poupée d'Ingrid Desjours

Provocateur, cynique et misogyne, Marc est affecté à la brigade des moeurs après un grave accident. Quand, dans le cadre d'une enquête, il croise la douce Barbara, le policier est troublé par son regard presque candide, touché par cette fragilité que partagent ceux qui reviennent de loin. Emu. Au point de croire de nouveau en l'avenir. Mais il est aussi persuadé qu'elle est la pièce manquante pour démasquer le psychopathe qu'il traque.
Et s'il se trompait ? Le pire des monstres est parfois celui qui s'ignore, quand bien même il rêve sa vie dans les yeux d'une poupée... 

Mon avis : Ce livre est prenant et difficile à lâcher une fois les premières pages tournées. Les deux personnages principaux, sont surprenants et flippants, deux cabossés de la vie qui nous font évoluer dans une ambiance noire, morbide, malsaine... à en devenir frissonnante. Le vocabulaire et certaines scènes peuvent être crus mais ça n'en fait pas moins un roman captivant et inoubliable. Le déroulement tient largement le lecteur en haleine et l'enchaînement des évènements est bien mené pour retenir que la folie est le maître-mot de l'histoire. Un beau travail qui me donne envie de lire d'autres livres de l'auteure.

SF : Frontières de Laurence Lécluze

2080. L'Europe décide de fermer les yeux sur la misère du monde pour préserver ses richesses. Elle se réfugie derrière des frontières infranchissables. Sous la stricte gestion de 7 Mégacorps, elle espère subvenir aux besoins de sa population. En 2170, C'est un constat d'échec. Les citoyens ont faim, la résistance des Veilleurs s'organise et recrute. Victor Lefèvre, Mégacorp du Centre, annonce à ses homologues qu'il est temps pour eux de se réfugier sous leur dôme.
Ils y seront en sécurité loin de l'agitation de la misérable humanité. C'est sans compter sur Liv, Pol, Diego et Mathieu, révoltés par l'injustice et la violence de leur monde. Ils sont bien décidés à débusquer Victor et à abattre les murs qui les enserrent...


Extrait : "Officiellement, les salles de spectacle n'existent plus, trop coûteuses en entretien et en énergie. L'industrie du loisir n'est plus. La diffusion de divertissements modélisés via la connexion à la publisphère remplace avantageusement les productions des vrais artistes. Le réseau diffuse en boucle les nouvelles de l'Europe, des reportages citoyens, des musiques, des soaps, des jeux... Le temps réservé à la détente est limité - les cycles de travail sont longs - et il est individuel ou réduit au cercle familial. Plus de manifestation où le public est convié en masse."

Mon avis : Aux allures militantes, ce roman traite de nombreux sujets et montre que la fermeture des frontières pourrait être dévastatrice. On y retrouve des questions actuelles reportées au siècle prochain, politiques ou sociales : comme l'Europe, l'écologie, la culture, l'homosexualité ou les nouvelles technologies "Cette technologie extrême au service du mal". La réflexion engagée par ce roman est passionnante, il y a un vrai travail pour appuyer l'idée que le monde doit être sauvé dès aujourd'hui. 
Bravo Laurence pour ce roman hors du temps qui a su me captiver alors que je ne lis habituellement pas de science-fiction. Mais voilà tout l'intérêt de la lecture : faire des découvertes inattendues !

Le café de l'Excelsior de Philippe Claudel

Le héros de ce livre est un enfant de 8 ans dont le grand-père tient un bistrot de quartier. À mesure que défilent dans le café, sous les yeux ébahis du garçonnet, des protagonistes aussi gouailleurs qu’attachants, le grand-père transmet à son petit-fils une certaine idée de la vie, pleine de chaleur humaine

Extrait : "L'Excelsior était ouvert tous les jours de la semaine, ainsi que le dimanche matin. Ce jour-là, il attirait les mécréants qui préféraient le bouquet des Alsaces champagnisés à celui de l'eau bénite. A dire vrai, c'était les mêmes clients que durant la semaine ; à force de hanter le lieu, ils en avaient fait comme une seconde maison, plus calme que la leur, et dans laquelle les rares cris n'étaient pas des réprimandes de vieille épouse aux cheveux jaunes mais des effrois d'hommes scandalisés devant la balourdise d'un beloteur distrait".

Mon avis : On se plait dans cet estaminet et dans ce roman au ton populaire, empreint de tristesse, de nostalgie et d'humour. Sur un rythme lent et dans un style poétique, les souvenirs présentés dans ce livre se dégustent tranquillement pour arriver à une fin riche de sens et émouvante."Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre".

Le caveau de famille de Katarina Mazetti

Désirée la bibliothécaire et Benny le paysan se sont rencontrés dans Le Mec de la tombe d'à côté. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n'imagine pas qu'on puisse lire "de son plein gré". Leur histoire d'amour n'est donc pas simple, mais ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si ça ne marche pas, c'est terminé pour toujours. Sinon...

Mon avis : C'est une lecture légère et idéale pour des vacances sur fond de canicule ! Lue très vite, cette suite Du mec de la tombe d'à côté est aussi agréable que le premier volume même s'il en ressort un pessimisme alarmant sur le couple, la vie de famille et l'égalité homme-femme. Malgré tout, ce roman à deux voix est plein d'humour pour contrer les difficultés de la vie et montrer que finalement on est toujours plus fort à deux...

La tresse de Laetitia Colombani

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l'école. Sicile. Giulia travaille dans l'atelier de son père. Lorsqu'il est victime d'un accident, elle découvre que l'entreprise familiale est ruinée. Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu'elle est gravement malade. Liées sans le savoir par ce qu'elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre.
Vibrantes d'humanité, leurs histoires tissent une tresse d'espoir et de solidarité. Trois femmes, trois vies, trois continents.

Mon avis :  Un premier roman bien agréable à lire même si l'engouement qu'il suscite dans les médias n'est pas à la hauteur de ce que j'imaginais d'un point de vue littéraire. L'histoire est intéressante avec ces trois femmes en quête de liberté, les trois narrations sont bien menées pour captiver le lecteur. Cependant, la fin est trop prévisible et trop facile à deviner dès les premières pages.

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s'élèvent pour raconter l'exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli. 

Mon avis :  Ce court roman est prenant et surprenant dans son style et son contenu. En deux parties, il traite de faits historiques peu connus : l'histoire cachée des japonais-américains. La première partie traite de l'immigration des femmes japonaises qui ont tout quitté pour finalement vivre une vie de misère alors que la seconde partie traite de la déportation des japonais durant la seconde guerre mondiale. Ce roman est bouleversant et l'écriture peu commune le rend encore plus poignant : il n'y a pas de narrateur à proprement parlé, l'histoire est écrite avec un nous qui englobe toute la communauté et fondée sur la répétition : l'anaphore largement représentée rythme le roman pour apporter une émotion très forte.

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

Extrait : "Encore aujourd'hui, il m'est difficile d'expliquer comment notre relation s'est développée si rapidement, et de quelle manière L. a pu, en l'espace de quelques mois, occuper une place dans ma vie. L. exerçait sur moi une véritable fascination. L. m'étonnait, m'amusait, m'intriguait. M'intimidait. (...) L. exerçait sur moi une douce emprise, intime et troublante, dont j'ignorais la cause et la portée".

Mon avis : Avoir lu ce roman dont on me parlait depuis un bon moment déjà est une excellente découverte. C'est l'histoire d'une amitié mais c'est surtout l'histoire d'une manipulation qui dégénère très vite pour rapidement se trouver face à un cas de perversion narcissique. A l'allure d'une tranche de vie un peu banale, ce roman ressemble finalement plus à un thriller psychologique où le rythme et l'intensité de l'écriture vont crescendo pour accrocher le lecteur.

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

Delft, novembre 1667. Magdalena Van Beyeren se confie à son journal intime. Mariée très jeune, elle a dû renoncer à ses rêves d'aventure sur les bateaux de son père, administrateur de la Compagnie des Indes orientales. Là n'est pas la place d'une femme... L'évocation de son enfance, de sa vie d'épouse et de mère va lui permettre l'aveu d'un lourd secret et de ses désirs interdits.

Mon avis : Ce roman écrit avec finesse est très bien.  Les souvenirs de Magdalena sont prenants et intéressants pour comprendre que la vie des femmes de l'époque était  limitée à leur condition de mère et d'épouse. C'est triste de voir que Magdalena vit une vie qu'elle n'a pas tout à fait rêvée même si elle tend à montrer qu'elle est une femme épanouie.  Ce journal intime est comme un mensonge à elle même : la famille et le mariage constituent la vie du personnage mais en toile de fond on sent un besoin d'aventure et une envie de vivre en dehors des conventions.

BD : Madie de Paul Filippi

A Lunéville, l'existence de Madie semble parfaitement épanouie entre son travail de médecin, son compagnon Edouard et les amis qu'elle côtoie depuis de longues années. Mais lorsqu'elle apprend que Frédéric, son amour de jeunesse, est toujours bien vivant, elle est submergée par le doute et décide de tout quitter pour tenter de le retrouver.
 
Mon avis : Cette BD qui traite principalement des relations humaines est agréable à lire. On suit avec plaisir le parcours de Madie qui se voit plonger au milieu des souvenirs pour être prise dans une crise de vie qui lui demande de faire des choix.

Muette d'Eric Pessan

Muette a choisi de s'enfuir de chez elle, dans la campagne des bords de Loire, un jour chaud de printemps. Elle a préparé son départ en entreposant nourriture et couchage pour se réfugier dans une vieille grange en plein bois à une heure de chez elle... La fugue d'une adolescente mal dans sa peau qui préfère fuir plutôt que de se révolter.

Extrait : "Muette voit le lapin et se place à l'intérieur du lapin. Elle gagne à connaître d'autres inquiétudes, des frayeurs de proie, l'angoisse des repas à trouver, l'empressement à gratter la terre. Mais - en compensation - quel calme ! L'animal ne transporte presque rien d'autre que son présent. Peu de souvenirs, peu de questions, une vague nostalgie de sommeil contre la fourrure maternelle, un reste de colère d'être en lutte perpétuelle avec ses frères et sœurs pour conquérir une mamelle, quelques courses folles pour échapper à un renard."

Mon avis : C'est le premier roman d'Eric Pessan que je lis après l'avoir rencontré deux fois et en toute objectivité c'est un vrai coup de cœur. L'écriture est agréable et très originale car on suit la fugue de Muette de trois manières différentes : ce qu'elle vit au présent, les phrases échos de ses parents et qui en disent beaucoup sur son mal-être et son imagination qui contribue à sa fuite. Au fil de la lecture, on sent qu'un drame s'est joué, on le devine parce qu'il est amené avec beaucoup de sous-entendus et de finesse, c'est intéressant et angoissant à la fois mais Muette restera muette avec son lecteur pour ne pas lui en dire trop...

Pars avec lui d'Agnès Ledig

Ils s'appellent Roméo et Juliette. Comme s'ils étaient prédestinés. Mais c'est à eux d'écrire leur histoire, en dépit des accrocs, des cahots et des heurts. Lui est pompier, un héros du quotidien, solide comme un roc. Mais pas assez pour résister à une chute de huit étages, heureusement amortie par des arbres. Elle est infirmière. De celles pour qui leur travail va bien plus loin que soigner les corps.
Attentive, attentionnée, elle donne aux autres sans compter ce que son propre compagnon, Laurent, lui refuse. Ces deux êtres cabossés par la vie vont se tendre la main. Et apprendre qu'envers et contre tout être heureux ce n'est pas regarder d'où l'on vient, mais où l'on va. 

Extrait : "Six mois plus tard, j'habite toujours chez eux. Roméo a réintégré sa chambre sans que je l'aie pour autant quittée. Ça a mis du temps, pour lui, pour moi. Il est du genre à prendre la main au bout du dixième rendez-vous, et encore, en tremblant. Moi j'avais besoin de laisser du temps à la petite graine de pousser dans le terreau fertile dont parlait Malou. Tant de choses s'étaient déjà passées depuis le jour où je l'ai accueilli en réa. Ce n'est pas tant la coupure qui fait mal, mais sa cicatrisation. Et plus la blessure est profonde, plus la guérison est longue. Mais la plaie finit toujours par se refermer. Toujours. Pourquoi n'en serait-il pas de même avec le cœur ?"

Mon avis :  Ce roman entre dans la tendance actuelle des romans qui font du bien parce qu'ils se situent entre fiction et développement personnel. C'est une belle leçon de vie et j'avoue que ce roman est prenant, bouleversant et difficile à lâcher une fois commencé. 
Son lectorat peut être large parce que tout le monde peut se sentir concerné par ces évènements qui reflètent la vie, avec ses drames et ses joies : les accidents, les problèmes sociaux et la question des enfants, la solitude, les violences conjugales, l'amitié, les relations au travail, la fin de vie des séniors, les relations familiales, la grossesse, l'Amour et certainement d'autres sujets que j'oublie...

La place d'Annie Ernaux

Il n'est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui. Cette fille, Annie Ernaux, refuse l'oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite " place au soleil ". Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : " Les livres, la musique, c'est bon pour toi. Moi, je n'en ai pas besoin pour vivre ". Ce récit dépouillé possède une dimension universelle. 

Mon avis :  Annie Ernaux est une auteure que je souhaitais découvrir depuis un long moment et la lecture de ce roman est une très bonne surprise. J'aime beaucoup son style et son écriture, c'est fluide, riche de sens et percutant.

Le meilleur des amis de Sean rose

Vingt ans après un rendez-vous manqué, un homme s'apprête à retrouver l'ami qu'il a trahi et qu'il n'a pas revu depuis. Du temps de leurs études à Paris, Thibaut et lui ont tout partagé, y compris une passion pour Camille, promise au premier. Au milieu des vignes du domaine familial de Thibaut, attendant de le revoir enfin, le narrateur est assailli de souvenirs aussi réels que la brume qui se lève, le vent sur la joue, la lumière dans les arbres.
Pour ce solitaire exilé du royaume de K. , petit pays du Sud-Est asiatique, Thibaut incarnait la sérénité bienveillante et joyeuse de qui connaît ses racines et les chérit. Tous deux se complétaient, se répondaient. Aimer Camille, espérer être aimé d'elle, c'était confirmer le lien fraternel en même temps que le bafouer. Dans ce roman au charme cinématographique, temps et espace se mesurent à l'aune du point zéro de toute existence : le premier amour.
Autour de ce centre de gravité de la révélation à soi tournoient les réminiscences, les évocations ; les regrets qui lui sont associés et irriguent une vie. L'écriture, élégante et elliptique, accompagne le mouvement dansant de la mémoire quand elle se confie à l'attente.

Extrait : "Deux amis unis par une même femme qui les partage. Le délire ne fut que de courte durée, le principe de réalité se rappelait à moi avec la brutalité des faits. Camille trancherait entre Thibault et moi, dans l'incapacité de le faire elle nous abandonnerait tous les deux, non, Camille ne quitterait jamais Thibault, je perdrais tout. Le printemps aura été la saison d'une fleur sans fruit."

Mon avis :  Amour, amitié, famille, souvenirs, trahison, beaucoup de thèmes sont abordés dans ce roman, c'est fort bien écrit mais c'est une lecture que je qualifierai de trop "intellectualisée" et  difficile à conseiller. C'est une lecture de l'instant que l'on peut apprécier sur le moment mais qui tourne rapidement en rond...

Frères des astres de Julien Delmaire

Frère des astres est une variation libre autour de la vie de Saint Benoît-Joseph Labre, le vagabond mystique, né au milieu du XVIIIe siècle en Picardie. Benoît Labre, surnommé «le pouilleux de Dieu» ou «l’hirondelle de grand chemin», a inspiré de nombreux poètes : Paul Verlaine, Germain Nouveau, André Breton ou encore Jean Cocteau. Nous suivons les aventures de Benoît, un héros atypique, un drôle de randonneur qui contemple les étoiles et adresse ses louanges à la Création.
Du Bassin Minier jusqu’aux rivages de la Méditerranée, Benoît traverse une France en crise avec pour seuls bagages un sac à dos et un émerveillement de chaque instant. Figure de clochard céleste, digne d’un roman de Kerouac, Benoît va à la rencontre de son destin avec une douceur et une naïveté confondantes. 

Extrait : "La joie sur le chemin. La joie de n'être qu'un passant. Joie de ne rien posséder et de n'être possédé par rien. La joie d'être nu. Entièrement nu. Nu dans son entier. Nu face au vent, nu face au destin, nu face à la joie."

Mon avis :  Ce roman, lu dans le cadre du Prix Horizon, me laisse assez perplexe. La lecture m'a  ennuyée mais le personnage reste tout de même inoubliable. L'écriture est intéressante, le vocabulaire est développé pour décrire Benoît mais l'intrigue ne m'a pas franchement captivée. Il y a énormément de descriptions et de personnages mais il n'y a rien de très dynamique, le ton reste monocorde...

Complètement cramé ! de Gilles Legardinier

Lassé d'un monde dans lequel il ne trouve plus sa place, privé de ceux qu'il aime et qui disparaissent un à un, Andrew Blake décide de quitter la direction de sa petite entreprise pour se faire engager comme majordome en France, le pays où il avait rencontré sa femme. En débarquant au domaine de Beauvillier, là où personne ne sait qui il est réellement, il espère marcher sur les traces de son passé.
Pourtant, rencontres et situations hors de contrôle vont en décider autrement… Entre Nathalie, sa patronne veuve aux étranges emplois du temps, Odile, la cuisinière et ses problèmes explosifs, Manon, jeune femme de ménage perdue et Philippe, le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc, Andrew ne va plus avoir le choix. Lui qui cherchait un moyen d'en finir va être obligé de tout recommencer… 

Mon avis :  C'est drôle, c'est dynamique et sans être lourd, ce roman est une belle leçon de vie. Le style de l'auteur est très agréable à lire et certaines de ces réflexions sont particulièrement fortes, c'est une lecture qui fait du bien et qui offre un vrai moment de détente.

Majda en août de Samira Sedira

"On peut très bien respirer, et être morte. Respirer et être morte. Ce sont, parait-il, des choses courantes." A bout de souffle, Majda, 45 ans, s'est réfugiée chez ses parents. Le vieux couple ne sait comment accueillir et réconforter leur fille, qui n'avait donné aucune nouvelle depuis des années. Dans le huis clos de l'appartement et la chaleur du Sud, Majda remonte le temps des souvenirs, jusqu'à son enfance sans tendresse. Jusqu'à cette brisure passée sous silence durant l'adolescence.

Extrait :  "Majda voudrait dire tout l'amour qu'elle lui porte, lui, le petit homme joyeux qu'il était, et l'autre aussi, son double, l'homme un peu plus triste qui lui avait succédé. Si seulement elle avait pu trouver le courage de lui ouvrir son coeur, elle lui aurait parlé de ce regard, terrible, si différent, d'après le viol. Viol. Un mot que personne, pas même elle, n'avait jamais prononcé, ne serait-ce qu'en pensée. On disait jour de malheur ou le jour où ou encore (et ça c'était surtout Ahmed) ce jour de merde, mais jamais viol. Avant que ce triste jour n'arrive, il y avait toujours eu, quand il l'avait regardé, quand il lui souriait, quand il s'adressait à elle, l'éclat d'une tendre fascination, celui-là même qu'elle désespérait de voir briller dans les yeux de sa mère. Mais du jour où il avait appris la terrible nouvelle, l'éclat avait disparu".

Mon avis : Ce livre fort, bien écrit, est absolument prenant et bouleversant. Le personnage de Majda est attachant et troublant parce que sa descente en enfer et sa montée vers la folie sont bien amenées. Nous avons l'impression que le lecteur est un confident qui remplace le manque de soutien que Majda a eu suite au traumatisme qu'elle a vécu. La fin est quand a elle intéressante, nous avons l'impression pendant quelques pages que tout va mieux, la famille se retrouve, nous pensons Majda sauvée avant de comprendre que la fin laisse présager un drame "Quand enfin tout le monde est prêt à partir, Aziz au volant de sa voiture jette un dernier regard vers sa sœur, et d'une voix détimbrée, lance à travers la vitre baissée : Repose-toi bien ! Dans la confusion où elle se trouve depuis le matin, Majda entend : Repose en paix. C'est exactement ce qu'elle entend. Repose en paix. (...) Et les voitures partent, les unes derrière les autres, comme un cortège funéraire. Majda les regarde s'éloigner".

Noces de neige de Gaëlle Josse

Plus d'un siècle les sépare, mais leurs histoires sont liées à jamais. Anna, jeune aristocrate russe, rebelle, souffre du peu d'amour que sa famille lui témoigne. Quand, en mars 1881, elle prend le train à Nice pour regagner Saint-Pétersbourg, elle rêve de retrouver Dimitri, le jeune officier dont elle est éprise. 
En mars 2012, Irina prend le Riviera Express, en sens inverse, pour fuir un destin misérable. Sur la Côte d'Azur l'attend Enzo, un jeune banquier rencontré par Internet. Deux huis clos où les passions vont s'exacerber et remettre en cause les projets de chacune...

Mon avis :  Ce roman que l'on m'a conseillé est un vrai coup de cœur, merci ! Il a la particularité d'être très court et très riche à la fois dans son style et dans son contenu. C'est un vrai travail littéraire, l'écriture est fluide et affinée, les 2 histoires sont lointaines et proches à la fois, l'auteure a fait preuve d'une grande habileté. On entend deux voix puis une troisième qui renverse l'histoire, j'ai été bluffée par cette fin que je n'avais pas imaginée et qui donne tout son sens à l'histoire.

BD : Septembre en t'attendant d'Alissa Torres et Sungyoon Choi

L'histoire d'Alissa, enceinte de sept mois lorsque son mari meurt dans les tours jumelles du World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York. Elle raconte cette journée, mais aussi, après les premières semaines où elle est très entourée, au fur et à mesure que le temps passe, les relations qui se tendent, les procédures administratives qui se durcissent, les premiers reproches qui surgissent..

Mon avis : Sur un ton grave et bouleversant, cette bande-dessinée montre le difficile parcours d'une jeune mère de famille à se faire entendre au milieu des procédures administratives. Entre solitude, deuil et animosité, cette tranche de vie se lit le cœur serré.

Patricia de Geneviève Damas

Au Canada, Jean Iritimbi, un Centrafricain sans papiers, rencontre, dans l’hôtel où il travaille au noir, Patricia, une cliente blanche qui s'éprend de lui. Pour le ramener avec elle à Paris, elle vole le passeport d’un Afro-Américain. Mais Jean Iritimbi n’a pas dit à Patricia qu’il a une famille au pays, une femme et deux filles. Il apprend en les appelant qu’elles sont en route pour le rejoindre. Hélas, le bateau qui les transporte fait naufrage. On annonce peu de survivants. À partir d’une des tragédies de notre actualité, l’auteur a composé un roman bref d’une étonnante densité.

Mon avis : Ce court roman est d'une grande qualité littéraire, le sujet est pertinent, il traite d'un sujet d'actualité qui est vraiment intéressant à creuser pour comprendre ces drames qui se vivent chaque jour. Au milieu de la fiction, ce roman est franchement documenté, le texte est extrêmement bien écrit, divisé en 3 voix, il apporte une touche émotionnelle assez forte.

A l'arrière des berlines de Vincent Laurent

Un célèbre diamant, le Cœur de la lune, a disparu. Le casino de Monte-Carlo propose deux millions d'euros à la personne qui le rapportera. Quentin, jeune Niçois travaillant dans un fast-food et voleur à ses heures perdues, reconnaît le diamant, récupéré lors d'un cambriolage quelques heures auparavant.

Mon avis :  C'est toujours un plaisir de consommer local et encore plus quand la production est ardennaise. Ce polar est original parce que nous ne sommes pas dans quelque chose de trop noir ou trop violent. J'ai trouvé les personnages amusants chacun dans leur genre, les personnalités sont recherchées et souvent ils nous font sourire, notamment Quentin qui parfois semble un peu simple d'esprit. Le périple que l'auteur nous fait vivre est intéressant et dynamique, on ne s'ennuie pas et la fin n'est pas simple à deviner. Le tout est bien écrit, alors on ne peut que encourager Vincent à continuer !

BD : Un voyage de Philippe de Pierpont & Eric Lambé

En rémission après une leucémie, un homme apprend par son médecin qu'il est de nouveau malade et n'a plus que trois semaines à vivre. Sans en parler à sa compagne, il prend sa voiture pour un dernier voyage. Récit d'une mort annoncée qui ne survient pas, un voyage qui n'aboutit pas et une vie prête à redémarrer au bout de la dérive intérieure et géographique d'un homme qui se croit condamné.

Mon avis :  Le graphisme est original, le texte est beau mais cette BD est absolument difficile à lire. Le dernier voyage de cet homme est prenant et c'est avec beaucoup d'émotion qu'on le suit.

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa soeur, Julia. Qui n'a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d'être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l'idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D'affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s'occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu'elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu'elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c'est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent. Julia, Lena, Nel : avec ce superbe portrait de trois femmes en quête d'elles mêmes, aux prises avec les pesanteurs du passé, on retrouve l'infinie compréhension pour ses personnages dont témoignait déjà Paula Hawkins dans La Fille du train. On y retrouve, surtout, sa virtuosité et un talent incroyable pour tenir le lecteur en haleine jusqu'à l'ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits.

Mon avis : J'avoue ne pas avoir eu un grand enthousiasme avec ce roman et avoir un peu fait traîner la lecture. L'intériorité des personnages est intéressante, les histoires de famille sont prenantes mais l'histoire dans son ensemble est assez redondante, il n'y a pas beaucoup de rebondissements pour un polar. Le déroulement de l'enquête ne me semble ni bien mené, ni logique et la fin tombe un peu à plat... Je n'ai pas lu "La fille du train" qui connaît un vrai succès mais l'avis des personnes qui auraient lu les 2 m'intéresse...

Bonjour tristesse de Françoise Sagan

La villa est magnifique, l'été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l'amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s'amusent, ils n'ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d'une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre.
Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare. C'était l'été 1954. On entendait pour la première fois la voix sèche et rapide d'un " charmant petit monstre " qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l'image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir. 

Extrait : "Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres."

Mon avis :  Ce premier roman qui a connu un immense succès à l'époque peut paraître aujourd'hui démodé et peu attrayant. Pourtant, si on prend la peine de le resituer dans son époque, il est fort intéressant. Le style est tranchant pour cette jeune fille de 18 ans qui fait preuve d'une liberté insolente et qui manipule son entourage avec une facilité déconcertante. Nous sommes dans un roman féminin qui laisse une belle part à la mélancolie et à l'image d'une jeunesse amorale...

BD : La gueule du loup de Didier Tronchet

Tout a commencé dans un club de rencontres speed dating, le Love Club, un nom pareil, ça se passe de commentaire. C’est ici que Jacky découvre l’immensité de sa solitude sexuelle. C’est là que François fait la connaissance d’Iléna. « Jusqu’où iriez-vous par amour ? », demande-t-elle. « Jusqu’au bout », répond-il. Jusqu’au bout, vraiment ? Les ennuis peuvent commencer. Ce qui au départ n’était qu’un jeu somme toute bon enfant se mue peu à peu en une entreprise angoissante, dans laquelle François s’englue inexorablement, avec la complicité douteuse de Jacky. L’implacable Iléna, preste et tirant les ficelles avec un art consommé, conduit ainsi son troupeau de dupes… Mais dans quel but ?

Mon avis :  L'histoire est prenante, sympa et bien intrigante, on se laisse prendre au jeu de François, en se demandant ce qu'il va finir par accepter pour plaire à une femme. C'est assez décapant et dépaysant, du speed dating au club échangiste, les dialogues sont particulièrement drôles, les dessins peuvent parfois être grossiers mais au fil des pages, cet univers se modifie pour entrer dans un sujet grave et plus touchant ! Finalement, c'est drôle, c'est tragique et c'est une belle réflexion sur les rapports humains et l'amitié.

Ce que j'appelle oubli de Laurent Mauvignier

Il s'est dirigé vers les boissons. Il a ouvert une canette de bière et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas. Ce dont je suis certain par contre, c'est qu'entre le moment où il est entré dans le supermarché et celui où les vigiles l'ont arrêté, ni lui ni personne n'aurait pu imaginer qu'il n'en sortirait pas.

Mon avis :  Ce court roman inspiré d'un fait divers est d'une violence assez forte. Le style est original : ce sont 60 pages sans début et sans fin, il n'y a pas de majuscules et pas de points, cela donne un rythme volontairement précipité. Cette cadence reflète la rapidité avec laquelle un homme s'est vu mourir pour une canette de bière.

Album : S'aimer de Cécile Roumiguière

Tout ce qui fait sens aux cœurs battants s'exprime ici dans la plus poétique des langues.
C'est écrit sous forme de dialogues qui évoquent les rencontres, les doutes, l'éblouissement, la vie et les liens. Ces textes de Cécile Roumiguière accompagnent les dessins de 39 artistes qui illustrent le thème de l'amour. Qui sait au juste comment se conjugue le verbe aimer ?

Extrait :  "- Tout devrait être simple, on se voit, on se plaît, on se parle, on s'embrasse, on s'aime, et voilà tout. - ...mais s'aimer, c'est bien autre chose ! Avant de se connaître, il faut oublier tout ce qui pourrait éloigner, ce qui pourrait détruire."

Mon avis : J'ai découvert ce chef-d’œuvre à la bibliothèque de Cormontreuil où chaque planche originale et le texte était exposés, un ensemble magnifique ! Le travail de ces artistes est exceptionnel et cet album restera incontestablement pour moi mon coup de cœur de l'année. A lire et à relire pour comprendre que l'amour est une chose bien complexe...

La nuit de l'accident d'Elisa Vix

Que s’est-il vraiment passé la nuit de l’accident, la nuit où une voiture s’est écrasée dans le Célé et où un homme a été retrouvé mort, sur la berge ? Nat, la jeune vétérinaire qui vit avec Pierre dans la ferme toute proche, ne va pas tarder à se poser des questions. Alors que son couple bat de l’aile et que son employeur se livre à un infect chantage, d’étranges événements surviennent dans ce coin perdu du Cantal.
Un motard conduit sa machine avec la détermination d’un kamikaze. Un vieux rebouteux à moitié fou prend Pierre pour son oncle, résistant mort pour la France. Un campeur énigmatique, beau comme une publicité pour le club Med, fouine un peu partout. Tambour battant et avec un humour grinçant, Élisa Vix nous mène dans un excès d’émotions peu compatible avec la vie d’un éleveur de laitières.

Mon avis :  Une rencontre et une belle découverte faite sur le salon Interpol'art. Tout comme dans Ubac, l'auteure joue beaucoup avec la psychologie des personnages pour faire avancer son lecteur dans une ambiance lourde et oppressante. Nous avons trois personnages différents mais très intéressants pour le déroulement de l'intrigue. Sur fond de terroir, le suspens est bien mené pour nous laisser, au fil des pages, dans l'interrogation de ce secret caché par Pierre qui devient criminel et victime !

Meurtre à l'affiche de Vincent Laurent

Que doit penser le lieutenant Bayard de ce meurtre dont le corps reste introuvable ? Ce vieux cinéma de quartier semble receler plein de mystères. Et quel est cet étrange couple de russes qui traverse tout le pays à bord du Transsibérien, lequel abrite de louches individus ?... Dans sa cellule d'infortune, Aymeric essaie de rassembler ses souvenirs. Que s'est-il réellement passé durant la nuit qui a chamboulé sa vie ? La nuit porte conseil. Mais apportera-t-elle des réponses à Jérôme Barthes, lieutenant de police à Lille, qui doit en découdre avec celui que l'on surnomme déjà « le Vampire du Nord » ?... Quinze nouvelles, pour la plupart primées en concours, réunies pour la première fois dans un recueil illustré. 

Mon avis : Ce recueil de nouvelles est très bien, les intrigues sont bien menées et je les ai souvent terminées avec le sourire aux lèvres. L'écriture est quant à elle fort intéressante car on note de nombreux exercices de style et beaucoup de jeux de mots. Bravo à l'auteur !! J'ai bien hâte de découvrir le prochain roman dont on attend impatiemment la sortie !

Manga : Le mari de mon frère de Gengoroh Tagame (3 tomes)

Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé… Perturbé par l'arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n'est autre que le mari de son frère jumeau… Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l'homme qu'il aimait. Yaichi n'a alors pas d'autre choix que d'accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter.
Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses… 

Mon avis :  Ce manga qui traite du quotidien, de la famille, de la société et principalement de l'homosexualité est une vraie leçon de tolérance. Il aborde un grand nombre de questions intéressantes et les réponses sont données avec une grande justesse. Les personnages sont très attachants, notamment la petite Kana qui à travers sa spontanéité et son énergie fait avancer son père. A l'heure où l’homosexualité est encore difficilement acceptée, c'est un livre qui devrait être mis entre de nombreuses mains pour changer les mentalités.

BD : L'immeuble d'en face de Vanyda (3 tomes)

Au 1er étage de L'Immeuble d'en face réside une mère célibataire et enceinte. Au second, un couple entre deux âges. Et au troisième un couple de jeunes amoureux, Claire et Louis. Un immeuble comme tant d'autres avec ses croisements dans l'escalier, sa solidarité et ses petites histoires, amoureuses ou douloureuses. Des tranches de vie pleines de justesse et de fraîcheur.

Mon avis : Ce manfra (manga à la française) est un petit bonheur dans lequel chacun pourra se retrouver. Il y a de l'amour, de l'amitié, de la solitude, des disputes et des doutes, cette série est le reflet de la vie et des relations humaines.

Le retour de Jules de Didier Van Cauwelaert

Jules, ancien chien guide d'aveugle, est redevenu un simple animal de compagnie depuis qu'Alice a recouvré la vue. Alors qu'il commençait à déprimer, il est sélectionné pour être formateur dans une école canine spécialisée dans la détection des crises d'épilepsie. Il y fait la connaissance de Victoire, une superbe braque détectrice de kamikazes qui cherche à se reconvertir.

Mon avis : C'est toujours un plaisir pour moi de lire un livre de D. Van Cauwelaert alors ce retour est un vrai bonheur ! Ce roman est drôle, juste et attachant, la question de la maladie est traitée avec beaucoup de vérité et la cause animale est largement mise en avant. Entre les éléphants artistes et les chiens d'assistance, on voit que les animaux sont dotés de sens invraisemblables et pourtant bien réels... Passionnant !

Ex Utero de Sandra Banière

Ex Utero est un roman à quatre voix : deux hommes, deux femmes. Deux couples en mal d'enfant. Des destinées qui vont s'enchevêtrer.
Nathalie et Carole se retrouvent par hasard vingt ans après l'explosion de leur amitié, dans une salle d'attente de procréation médicale assistée.
Malgré leurs réticences à reprendre contact, leurs souffrances communes vont de nouveau les lier.
Mais à quel prix ? Benoît et Paolo, les maris, vont-ils résister à la pression de l'enfant qui ne vient pas, à la peine et aux secrets qui peuvent remettre tout en cause ?

Mon avis : Voilà encore une bonne occasion de soutenir notre production locale ! Ce deuxième roman de Sandra Banière est bien écrit et fluide. Le sujet est très intéressant et fort documenté. Le croisement entre les personnages s'enchaîne bien et on suit la vie de ces deux familles avec grand plaisir. Bravo Sandra !!


BD : Le grand méchant renard de Benjamin Renner

Face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place en tant que grand prédateur. Devant l'absence d'efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution : voler des oeufs, élever les poussins, les effrayer et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel...

Mon avis : Je me suis franchement marrée en lisant cette BD ! Elle s'adresse tout d'abord aux enfants mais je pense que les adultes peuvent la lire pour passer un excellent moment. Il y a beaucoup de messages à capter à travers ce renard qui essaie d'être méchant et les mamans pourront retrouver plein de similitudes avec leurs propres poussins...

BD : Au revoir là-haut de Pierre Lemaître & Christian de Metter

1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants et les trafics les moins glorieux y vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable, qui a sauvé la vie d'Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de renouer avec une vie, ailleurs. 

Mon avis :  J'aime beaucoup Pierre Lemaître et j'avais beaucoup aimé le roman. C'est avec un grand plaisir que j'ai pu relire cette histoire qui reprend des thèmes peu habituels de la grande guerre : les gueules cassées, la polémique autour des cimetières et des monuments aux morts. Un conseil tout de même, ne vous contentez pas de lire la BD seule car le contenu est fort écourté !

BD : Violette Nozière vilaine chérie de Camille Benyamina & Eddy Simon

Paris, 1933. Elle a défrayé la chronique. On l'a surnommée l'ange noir. Elle s'appelait Violette... 

Mon avis :  Encore une BD qui montre tout l'intérêt de ce genre quand on sort des grandes pointures humoristiques, classiques ou commerciales. Le personnage est surprenant et le fait divers dont elle fut l'auteur est bien repris : le tout dans un dessin assez exceptionnel. Je vois que cette biographie a été réalisée en film et ça ne m'étonne pas car l'atmosphère correspond complètement à l’œuvre de Claude Chabrol.